Notre-Dame-de-la-Garde, la basilique qui veille sur Marseille

Notre-Dame-de-la-Garde, surnommée aussi « la bonne mère », est une basilique située dans le sud de la France, à Marseille. Construite au sommet d’une colline et sur le site d’une ancienne chapelle, Notre-Dame-de-la-Garde est devenue l’un des symboles les plus emblématiques de la ville. La basilique offre une vue imprenable sur Marseille et sur la méditerranée, ce qui en fait une destination touristique très populaire. Dans cet article, nous allons nous pencher sur l’histoire de Notre-Dame-de-la-Garde et sur l’architecture de cet édifice devenu symbole d’espoir et de protection pour les marins et les pêcheurs Marseillais.

L’histoire de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille

En 1214, maître Pierre, prêtre de Marseille, à l’idée de construire une chapelle dédiée à la vierge Marie sur les hauteurs de la colline de la Garde. L’abbaye de Saint-Victor, propriétaire de la colline, autorise maître Pierre à planter des vignes, ainsi qu’à cultiver un jardin et bâtir une chapelle. Les travaux de la chapelle se terminent en 1218 et peu à peu, l’édifice va devenir un lieu de grâce pour tous les marins marseillais ayant échappés à un naufrage. Au début du 15è siècle, cette première chapelle est remplacée par un nouvel édifice plus important. En 1516, François 1er, roi de France, se rend à la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde et constate que la ville de Marseille est très mal défendue. En 1524, et suite à la tentative d’invasion supervisée par Charles Quint, François 1er décide de faire construire deux forts : le premier sur l’île d’If, le second au sommet de la colline de la Garde, fort qui englobera la chapelle. Les travaux de construction du fort s’achèvent en 1536. En 1591, Charles Emmanuel, duc de Savoie, souhaite s’emparer de l’abbaye de Saint-Victor, un bâtiment fortifié situé à côté du vieux port de Marseille, mais ce dernier essuie un échec face à Charles de Casaulx, premier consul de la ville. En 1594, Charles de Casaulx s’empare du fort de la Garde et dès 1595, il fait ériger un mur au bas du monument. Durant la Révolution Française, le fort de la Garde est envahi par des patriotes et en 1794, après l’interruption du culte, un inventaire est organisé. La statue en argent de la vierge datant de 1661 est envoyée à l’hôtel des monnaies afin d’y être fondue ! En 1795, la chapelle devient bien national. En 1800, Escaramagne, un ancien capitaine de marine, demande à ce que le sanctuaire de la Garde soit à nouveau ouvert, mais ce dernier essuie un revers, le fort étant considéré comme un endroit d’utilité stratégique en ces temps de guerre. Il faudra attendre 1807 pour voir la chapelle à nouveau ouverte au public. En 1837, une nouvelle statue d’argent à l’effigie de la vierge Marie est déposée dans la chapelle. Durant cette période, le fort ne fait l’objet d’aucun travaux, en revanche la chapelle est agrandie en 1833 avec l’ajout d’une seconde nef, ce qui porte sa surface totale à 250 m². En 1843, un nouveau clocher permet d’accueillir un bourdon, une grosse cloche pesant plus de 8 tonnes. En 1850, le père Jean-Antoine Bernard demande au ministère de la guerre d’agrandir la chapelle existante, mais le ministre souhaite qu’on lui présente un projet plus ambitieux. En 1851, une nouvelle proposition comportant une nouvelle église plus vaste et utilisant les bâtiments militaires reçoit un avis favorable. L’autorisation de construire une nouvelle chapelle est validée le 5 février 1852 par le ministre de la guerre.

La basilique Notre-Dame-de-la-Garde est construite au sommet d’une colline haute de 157 mètres

La construction de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille

Plusieurs projets d’aménagements dans des styles néogothiques sont présentés mais finalement, seul le projet de Léon Vaudoyer, avec son style romano byzantin, est retenu. Le 23 juin 1853, les travaux de supervision sont confiés à l’architecte Henri-Jacques Espérandieu, bien qu’étant protestant. La pose de la première pierre a lieu le 11 septembre 1853, en présence de l’évêque de Marseille, Mgr Eugène de Mazenod. La dureté de la roche ainsi que des difficultés financières rendent les travaux difficiles et en 1855, une loterie autorisée par le gouvernement est organisée. Hélas, les gains restent très inférieurs à ceux espérés. Parallèlement, le projet d’agrandissement de la crypte est validé par la commission du sanctuaire. Le chantier est alors interrompu entre 1859 et 1861, faute de financement. Suite au décès de Mgr Eugène de Mazenod, un nouvel évêque, Mgr Patrice Cruice, lui succède et ce dernier relance les travaux de construction de Notre-Dame-de-la-Garde. La générosité des citoyens permet la reprise et l’achèvement des travaux entre 1861 et 1864. Le 4 juin 1864, le cardinal Villecourt donne la consécration du sanctuaire, en présence de 43 autres évêques. En 1866, un dallage de mosaïques est posé dans la partie haute de la basilique et le clocher carré est finalisé, permettant l’installation, quelques mois plus tard, du bourdon de 8,2 tonnes. En 1867, un piédestal cylindrique d’une hauteur de 12,5 mètres, et destiné à recevoir la monumentale statue de la vierge, est ajouté sur le clocher de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde. Le projet d’une statue de la vierge recouverte de cuivre dessiné par Eugène-Louis Lequesne, un sculpteur de Paris, est retenu pour des raisons de coût et de poids aussi. A l’intérieur de la statue, une structure métallique servant de support à la statue est ajoutée. Elle se compose d’une flèche de fer et d’un escalier à vis, permettant l’entretien et la contemplation du site. Cette structure permet aussi de consolider l’ensemble au gros oeuvre du piédestal. En 1882, les mosaïques du cœur sont posées et un autel est construit, à proximité de la statue d’argent. Les deux portes de bronze de l’église supérieure sont, quant à elles, posées en 1897. Finalement, les travaux de construction et de décoration de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde se seront échelonnés sur plus de 40 années.

L’intérieur de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde est richement décoré de marbre et de mosaïques

L’architecture de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde

Une des caractéristiques de la construction de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde est l’utilisation de matériaux de couleurs contrastés, notamment grâce à l’utilisation de calcaire de Calissane et de grès de Gonfolina, une pierre originaire de Florence, en Italie. L’intérieur de la basilique est composé de marbres de différentes couleurs, ainsi que des mosaïques polychromes. L’accès à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde se fait via un perron long de 35 mètres débouchant sur un pont-levis. L’architecture de la basilique s’articule autour d’une succession de volumes composés du porche, du clocher, de la nef, du dôme et des chapelles latérales.

  • Le clocher : le clocher de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde mesure 41 mètres de hauteur. Situé au-dessus du porche d’entrée, il comporte 2 étages identiques formés de 5 arcatures. Le clocher comporte un beffroi et une terrasse carrée bordée d’une balustrade de pierres d’où s’élève un campanile cylindrique de 12,5 mètres servant de socle à la statue de la vierge.
  • Le transept : cette nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale donne à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde la forme symbolique de la croix latine. Un dôme de 9 mètres de diamètre, composé de 32 lamelles dont l’intersection forme une croix, s’élève au-dessus.
  • L’intérieur : l’architecture intérieur de la basilique affiche un contraste saisissant entre la sobriété de la crypte (peu éclairée et sans décoration) et la somptuosité de l’église supérieure (richement décorée de marbre et de mosaïques). La crypte de style roman se compose d’une nef voûtée et de 6 chapelles latérales. Les autels latéraux des chapelles sont consacrés à des saints, comme Saint-André ou Saint-Louis. L’église supérieure affiche de somptueuses mosaïques, ainsi que des colonnes et pilastres en marbre alternant les couleurs rouge et blanc. La surface des mosaïques des plafonds et des parois de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde s’étend sur 1 200m² et chaque panneau comporte près de 10 000 petits carreaux au mètre carré, soit 12 millions d’unités ! Les sols sont quant à eux revêtus d’environ 380 m² de mosaïques romaines au dessin géométrique.
Notre-Dame-de-la-Garde est devenue un haut lieu du tourisme dans le département des Bouches-du-Rhône

Notre-Dame-de-la-Garde, symbole de Marseille et haut lieu du tourisme marseillais

Au fil du temps, Notre-Dame-de-la-Garde est devenue le symbole emblématique de la ville de Marseille. Surnommée « la bonne mère », elle veille sur les marins, les pêcheurs mais aussi sur tous les marseillais. Haut lieu du tourisme en Provence, la basilique Notre-Dame-de-la-Garde offre, du haut de sa colline, un magnifique panorama sur la cité phocéenne et sur la méditerranée. Accessible à pied ou en petit train touristique, elle est le monument le plus visité de Marseille et elle accueille chaque jour des centaines de personnes issues de toutes les nationalités et de toutes les religions : on vient de tout le département des Bouches-du-Rhône et de l’ensemble de la Provence pour allumer un cierge ou bien encore pour se ressourcer en se rapprochant un peu du ciel. Beaucoup aussi considèrent Notre-Dame-de-la-Garde comme l’artère centrale de Marseille, bien plus encore que la canebière, la célèbre avenue du centre ville longue d’un kilomètre. Notre-Dame-de-la-Garde demeure aussi le haut lieu du diocèse, davantage même que la cathédrale Sainte-Marie majeure. Un musée retraçant les 800 ans de l’histoire de Notre-Dame-de-la-Garde a ouvert ses portes en 2013.

Pour visiter la basilique, nous vous invitons à consultez le site Internet www.notredamedelagarde.fr afin d’organiser votre séjour à Marseille. Située à proximité de la gare Saint-Charles, la basilique est aussi visible depuis de nombreux endroits de la ville, ainsi que depuis les autoroutes ou les îles Frioul.

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