Tout savoir sur le Viaduc de Millau, le plus haut pont du monde

Le viaduc de Millau est un célèbre pont à haubans situé dans le département de l’Aveyron, en région Occitanie. Franchissant la vallée du Tarn, le viaduc de Millau assure la jonction entre le causse rouge et le causse du Larzac. Long de 2460 mètres, ce pont réalisé par la compagnie Eiffage a été inauguré en 2004, après 3 années de travaux. Le viaduc de Millau est aussi le plus haut pont du monde en culminant à 343 mètres et son tronçon d’autoroute permet de relier Clermont-Ferrand à la ville de Béziers connue pour ses arènes, en un peu plus de 3 heures. Dans cet article, nous allons nous intéresser à l’histoire du viaduc de Millau, à la naissance du projet et à la mise en service de cet impressionnant édifice qui conjugue élégance et prouesses techniques.

L’histoire du Viaduc de Millau

L’autoroute A75 permet de relier plus rapidement le nord et le sud de la France et aussi d’accéder plus facilement à l’Espagne. Avec l’autoroute A71, l’A75 permet aussi de délester l’autoroute A7 qui traverse Lyon et qui est fortement prisée en période estivale. La construction de l’autoroute A75 qui a débuté en 1975 s’est terminée en 2010. Parallèlement, le Tarn, une rivière qui coule d’est en ouest au sud du Massif Central forme, à certains endroits, une brèche large de 200 mètres, difficile à franchir. Avant la construction du viaduc de Millau, la traversée se faisait par un pont situé en fond de vallée, dans la ville de Millau. Ce qui provoquait chaque année de nombreux ralentissements et embouteillages lors des grands flux estivaux. De plus, ces ralentissements faisaient perdre tous les avantages de l’autoroute A75, une autoroute entièrement gratuite sur 340 kilomètres. De même, les poids lourds, ne pouvant traverser Millau, étaient obligés de passer par Lyon et par les autoroutes A6, A7 et A9. La construction d’un viaduc est alors envisagée et sa mise en œuvre nécessitera pas moins de 13 années d’études et de concertation avant que les travaux de ce dernier ne démarrent en 2001.

Depuis quelques années, le Viaduc de Millau accueille la course Eiffage

Les difficultés techniques liées au Viaduc de Millau

Les premières difficultés sont d’ordre technique, à commencer par la dimension exceptionnelle de la brèche à franchir, à savoir près de 2,5 kilomètres. D’autre part, les vents violents pouvant atteindre plus de 200 km/heure, ainsi que les conditions climatiques et sismiques soulèvent quelques difficultés de réalisation. Entre 1987 et 1991, le choix du tracé du viaduc de Millau est déterminé parmi les 4 options suivantes :

  • L’option Grand Est : cette option suggère de passer par l’est de Millau, mais nécessite la construction de 2 grands ponts longs de 800 à 1000 mètres chacun. Toutefois, cette option est abandonnée car il faut utiliser, pour desservir Millau, la longue et sinueuse descente connue sous le nom de « cavalerie ».
  • L’option Grand Ouest : plus longue, cette option emprunte la vallée du Cernon et n’est pas retenue car elle porte préjudice à l’environnement des villages voisins.
  • L’option dite proche de la RN9 : cette option dessert correctement la ville de Millau, mais présentait des difficultés techniques et environnementales.
  • L’option dite médiane : bien qu’approuvée par la plupart des parties prenantes, cette option n’a pas été retenue pour des raisons d’ordre géologique, notamment dues au franchissement de la vallée du Tarn. Les investigations des experts concluent à la possibilité de les surmonter : c’est donc cette option qui sera choisie.

Ainsi, 5 options de viaducs vont être proposées et finalement, c’est celle du viaduc à haubans (un type de pont dont le tablier est suspendu par des câbles) qui sera retenue par décision ministérielle le 28 juin 1989. Après de longues études, la solution haute faisant appel à un viaduc de 2500 mètres et passant à plus de 200 mètres au dessus du Tarn est validée. Plusieurs associations comme la WWF ou France Nature Environnement s’opposeront au projet, tout comme le président de la région de l’époque, l’ancien président de la république Valéry Giscard d’Estaing. Finalement, le projet de construction du viaduc de Millau est déclaré d’utilité publique par décret le 10 janvier 1995.

Le tablier du Viaduc de Millau est long de 2460 mètres et pèse près de 36000 tonnes

Le choix de l’ouvrage pour la construction du Viaduc de Millau

Le tracé retenu nécessite la construction d’un ouvrage d’une longueur de 2500 mètres. Entre 1991 et 1993, la division ouvrage d’art du CETRA dirigée par Michel Virologeux, réalise des études préliminaires afin de confirmer la faisabilité d’un ouvrage franchissant la vallée du Tarn. Plusieurs bureaux d’études et architectes sont mis en compétition afin d’élargir la recherche des solutions possibles. Pas moins de 17 bureaux d’études et 38 architectes se porteront candidats pour la réalisation des premières études du viaduc de Millau ! Finalement, 8 bureaux d’études et 7 architectes seront retenus pour les études techniques et architecturales. En février 1994, 5 familles de solutions sont retenues et supervisées par 5 couples d’architectes/bureaux d’étude. Les caractéristiques de l’ouvrage réalisées par l’architecte Norman Foster sont définitivement approuvées fin 1998. A cette époque, l’Etat, qui doit investir 320 millions d’euros, abandonne l’idée d’une autoroute entièrement gratuite. Un avis de publicité de marché public est lancé début 2000 et finalement, la compagnie Eiffage et ses filiales sont retenues pour réaliser la construction du viaduc de Millau. Propriété de l’état, le viaduc de Millau est financé par des fonds privés dans le cadre d’un contrat de concession où les dépenses de réalisation et d’exploitation restent à la charge du concessionnaire, qui en contrepartie, se rémunère sur les revenus du péage. Le coût d’évaluation de l’ensemble des travaux s’élèvera finalement à près de 400 millions d’euros.

Le Viaduc de Millau : 3 années de construction

Les travaux de construction du viaduc de Millau débutent en 2001 et s’échelonneront sur 3 années. Les travaux de fondations destinées à recevoir les 7 piles débutent en janvier 2002. D’une surface de 200 m² à la base, les fondations de chaque pile reçoivent 2000 mètres cube de béton. Au sommet, leur surface n’est plus que de 30 m². Les culées (les voûtes destinées à soutenir l’ouvrage d’un pont) sont réalisées entre mars et novembre 2002. La construction des piles nécessite la coulée de 200 mètres cubes de béton tous les 3 jours, permettant à la pile de s’élever à chaque fois de 4 mètres. La verticalité des piles est assurée grâce à des guidages lasers et à des GPS. Le 21 février 2003, la pile numéro 2 dépassait 141 mètres, battant ainsi le record de France détenu par les viaducs de Tulle et de Verrières. Le 12 juin 2003, cette même pile atteint la hauteur de 183 mètres, puis 245 mètres le 20 octobre. Les 7 piles sont achevées le 20 novembre 2003. Les culées, d’une largeur de 13 mètres sont destinées à recevoir le tablier (la route). Le tablier de 32 mètres de large, surplombe le Tarn à 270 mètres au point le plus haut, et accueille une autoroute de 2 x 2 voies, plus 2 voies de secours. Avec son profil aérodynamique, le tablier du viaduc de Millau est capable de résister à des vents de plus 205 kilomètres par heure. 7 pylônes d’une hauteur de 87 mètres prolongent les 7 piles de l’ouvrage auquel sont arrimées 11 paires de haubans. Le poids global d’acier utilisé pour la fabrication du viaduc de Millau avoisine les 36000 tonnes, soit environ 4 fois le poids de la Tour Eiffel. Au total, 154 haubans sont ancrés dans les structures métalliques du tablier et des pylônes.

Le Viaduc de Millau par temps de brouillard

Le Viaduc de Millau en quelques chiffres…

  • 13 ans d’études ont été nécessaires avant de lancer le projet de construction du viaduc.
  • 3 ans, telle est la durée de construction, entre 2001 et 2004.
  • 2460 mètres de long et 32 mètres de large.
  • 343 mètres (hauteur maximale), soit 19 mètres de plus que la Tour Eiffel.
  • 36000 tonnes (poids du tablier).
  • 206 000 tonnes de béton ont été coulées pour la réalisation du viaduc.
  • 7 piles dont la hauteur varie entre 77 mètres et 245 mètres.
  • 7 pylônes d’une hauteur de 87 mètres chacun.
  • 6 travées de 342 mètres (entre les pylônes).
  • 2 travées de 204 mètres (à chaque extrémité du viaduc).
  • 154 haubans.
  • 600 ouvriers ont œuvrés sur le chantier pour la construction.
  • 400 millions d’euros : coût de la construction.

Des visites guidées sont organisées sur le sentier des explorateurs afin de découvrir le viaduc de Millau sous un autre aspect. De même, une exposition à destination du public est proposée à proximité du viaduc de Millau, offrant un spectacle immersif ainsi que des images exclusives réalisées lors de la construction. Toutes les informations sont disponibles sur le site www.leviaducdemillau.com.

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