Tout savoir sur le château des ducs de Bretagne de Nantes

Le château des ducs de Bretagne est un château fort de style gothique renaissance situé au cœur du quartier médiéval de Nantes, dans le département de la Loire-Atlantique. Classé aux monuments historiques depuis 1840, cet édifice, qui attire chaque année plus de 300 000 visiteurs, est entouré de douves et d’éléments architecturaux datant du 14è au 18è siècle. Initialement créé pour servir de base défensive à la ville de Nantes, le château devient, sous François II, la principale résidence des ducs de Bretagne puis forteresse royale, sous François 1er. Depuis 1924, le château abrite un musée et accueille aussi, depuis 2007, le musée d’histoire de Nantes. Dans cet article, nous allons nous intéresser à l’histoire de ce château breton, à son évolution au fil des siècles, ainsi qu’aux différentes personnalités qui sont rattachées à ce célèbre monument historique.

L’histoire du château des ducs de Bretagne

Au 13è siècle, les nantais construisent un premier château au pied de l’enceinte gallo-romaine de la ville, baptisé « château de la tour neuve », en mémoire à la tour circulaire autrefois construite à cet emplacement. En 1207, des travaux de construction de douves autour du château sont réalisés. Tout comme le palais du Louvre, l’édifice est construit à cheval sur l’enceinte de la ville et s’articule autour d’un donjon circulaire haut de 35 mètres et d’une enceinte d’une surface de 900 mètres carré, entourée de remparts et de petites tours. Une seconde cour orientée du côté de la Loire voit le jour sous Jean Ier, un duc de Bretagne qui souhaite afficher son autonomie vis à vis du roi de France. Au 14è siècle, Jean IV de Montfort, vainqueur de la guerre de Succession de Bretagne, prend possession du château de la tour neuve et renforce le caractère défensif de l’édifice. Le monument permet désormais de contrôler l’accès à la région depuis la Loire. Devenu résidence ducale, le château devient aussi un lieu de pouvoir et François II, duc de Bretagne, décide de reconstruire entièrement le château en 1466.

La façade en tuffeau blanc de la cour intérieure du château des ducs de Bretagne
La façade en tuffeau blanc de la cour intérieure du château des ducs de Bretagne

Le château sous François II

François II fait appel à Mathurin Rodier, un architecte ayant déjà œuvré sur la cathédrale de Nantes pour réaliser les travaux de reconstruction. D’importants travaux de terrassement sont mis en œuvre afin de niveler la cour intérieure du château par rapport au niveau de la Loire, transformant ainsi le rez-de-chaussée du grand logis en cave. Désormais, l’édifice nantais n’est plus menacé par les inondations, dans sa partie la plus basse. Un palais résidentiel de tuffeau blanc aux façades raffinées voit le jour côté cour, contrastant avec les murs massifs de granite côté ville. Peu à peu, Nantes et son port deviennent la plus riche ville de Bretagne, recevant ainsi une nouvelle chancellerie et une nouvelle université. Ce nouveau château, dont la surface ne couvre cependant que 3 hectares, accueille désormais la cour et l’administration ducale, ainsi que le personnel dédié aux ducs de Bretagne. En 1487, le roi Charles VIII envahit la Bretagne et s’empare du château de Nantes du 19 juin au 6 août. François II décède l’année suivante des suites d’une chute de cheval, laissant la couronne à sa fille, Anne-de-Bretagne.

Résidence d’Anne de Bretagne

En 1491, le château est offert au roi de France par Alain d’Albret, un puissant seigneur qui en avait la garde. Contrainte d’épouser Charles VIII, Anne de Bretagne devient reine de France, ce qui marque le début de l’union de la Bretagne à la France. Le couple royale réside principalement dans les châteaux de la Loire et ne se déplace que rarement à Nantes. Selon le contrat de mariage et aussi pour sécuriser l’union franco-bretonne, la duchesse est contrainte d’épouser, en secondes noces, Louis XII, qui succède à Charles VIII au lendemain de son décès. De retour à Nantes, Anne de Bretagne entame d’importantes transformations du château, souhaitant s’offrir une résidence à la hauteur de son titre. Des loggias (des balcons couverts fermés sur les côtés) marquent les premiers signes de la Renaissance au château de Nantes et des tours défensives sont installées durant son règne. La duchesse y fait installer une bibliothèque et se sert de l’édifice nantais pour y entreposer ses trésors. Finalement, Anne de Bretagne considérera Nantes plus comme « un garde meuble » qu’une véritable résidence. Elle décède au château royal de Blois le 9 janvier 1514, laissant deux filles derrière elle, dont Claude de France, future épouse de François 1er.

Le château de Nantes, résidence royale

En 1515, Claude de France et François 1er, nouveau roi de France, héritent de l’édifice nantais. En 1524, Claude de France décède et leur fils François devient duc de Bretagne. En 1532, lors de la signature du célèbre Edit d’Union de la Bretagne à la France, le château devient la résidence royale de Bretagne, faisant de Nantes une des plus grandes villes de province. Jusqu’au 17è siècle, la plupart des rois de France siégeront à Nantes lors de la cérémonie royale de leur première visite en Bretagne. Traditionnellement, les souverains arrivaient au château de Nantes par la Loire avant d’y passer la nuit et d’en repartir, dès le lendemain. Cependant, Nantes perd la majeure partie de sa fonction administrative au détriment de Rennes qui devient, peu à peu, capitale de la province de Bretagne. Durant son règne, François 1er effectue quelques transformations sur l’édifice, en achevant notamment la courtine de Loire et la construction du logis du roi, un nouveau bâtiment adossé à la courtine. En 1551, le château des ducs accueille Henri II et Catherine de Médicis. Une nouvelle campagne de travaux dirigée par Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et gouverneur de Bretagne, est réalisée durant les guerres de religion, et ce, afin de transformer l’édifice en forteresse moderne. Il fait construire deux bastions, une grande terrasse d’artilleries et inscrire son emblème, la croix de Lorraine, sur un mur du château. Il titre aussi son fils Philippe-Louis « duc de Bretagne ». Au 17 siècle, Louis XIII et le cardinal de Richelieu améliorent la défense du château via des travaux de fortification.

Le château des ducs de Bretagne et ses douves vu du ciel
Le château des ducs de Bretagne et ses douves vu du ciel

Prison et caserne royales

Au cours du 17è, les rois délaissent le château breton et les gouverneurs de Bretagne ne résident plus à Nantes. L’édifice fait alors office de prison et est occupé par des militaires. Il accueille entre 1643 et 1644 des prisonniers militaires capturés lors de différentes batailles. Le maire de Nantes, ainsi que d’autres seigneurs seront incarcérés par le duc de Mercœur dans la bâtisse. Louis XIV, qui siège au château de Versailles, sera le dernier roi de France à venir au château des ducs de Bretagne. En 1670, suite à un incendie, il fait remplacer le grand escalier à vis (similaire à celui de Chambord) par un grand escalier d’honneur et fait construire un campanile au sommet de l’entrée principale du château. En 1784, durant la guerre d’indépendance des Etats-Unis, l’édifice nantais est transformé en arsenal et en dépôt d’artillerie, afin de protéger le pays en cas d’attaque maritime venant de l’atlantique.

Le château des ducs de Bretagne sous la Révolution Française

En 1789, le château nantais échappe à la destruction, bien que ce dernier ai été investi par le peuple au lendemain de la prise de la Bastille. Sa démolition demandée, c’est finalement la ville de Nantes qui en fait l’acquisition en 1791 pour la somme de 12 millions de livres. Durant cette période, le château connait sa plus grande catastrophe : le 25 mai 1800, un plafond de la tour des espagnoles s’effondre sur les réserves de poudres stockées. La tour et les édifices voisins sont détruits, heureusement, les archives des ducs de Bretagne ayant été transférées aux archives départementales échappent à l’explosion. La tour des espagnoles ne sera jamais reconstruite. En 1808, Napoléon 1er ordonne qu’un quai soit ajouté le long du monument, isolant ainsi ce dernier de la Loire. En 1853, l’architecture et l’histoire de l’édifice nantais est mis en valeur par la réalisation de travaux de restauration : la tour du port est restaurée et dès 1855, les monuments historiques s’affairent à sa reconstruction. Des monogrammes d’Anne de Bretagne, ainsi que des gargouilles sont ajoutés sur des façades du château. Au début du 20è siècle, Henri Deverin, architecte en charge des monuments historiques, projette de reconstruire la partie détruite durant l’explosion de 1800, sous un style néogothique. Le château des ducs de Bretagne restera aux mains de l’armée jusqu’à la première guerre mondiale.

La naissance des musées au sein du château

En 1915, la ville de Nantes prend possession du monument, mais ce dernier conserve sa fonction militaire durant la première guerre mondiale. En 1920, Paul Bellamy, maire de la ville, décide d’installer un musée dédié aux arts décoratifs dans les murs du château. Ce dernier ouvre au public en 1924 et en 1939, la quasi-totalité de ses salles dédiée à l’art populaire participe au rayonnement de la culture bretonne. Durant la seconde guerre mondiale, le musée est fermé et ses collections sont mises en caisses. En 1943, sous l’occupation, la bâtisse nantaise est réquisitionnée par les allemands pour en faire leur central téléphonique. Le musée ouvre à nouveau ses portes à la libération et sa direction en profite pour réorganiser la présentation des collections. Deux musées distincts voient alors le jour : le musée d’art populaire régional, situé dans le grand gouvernement et le musée d’art décoratif, installé dans le grand logis. Le musée des Salorges, le musée consacré aux industries portuaires de Nantes et dont les locaux ont été détruits durant la guerre, rejoint le bâtiment du harnachement en 1956. Le musée d’art décoratif fermera cependant ses portes en 1972, suite à la vétusté du bâtiment qui l’héberge. Dans les années 80, la municipalité de Nantes décide de regrouper à termes les collections des musées municipaux dans le même endroit. Le musée des Salorges ferme ses portes en 1994 pour 3 ans de travaux et devient dès 1997 un espace dédié aux expositions temporaires. Le musée d’art populaire régional, quant à lui, fera l’objet de travaux de modernisation qui s’échelonneront sur près d’une dizaine d’années.

Accès, tarifs, expositions, horaires d’ouvertures du musée… nous vous invitons à consulter le site www.chateaunantes.fr afin d’organiser votre visite au château des ducs de Bretagne.

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